SEP : le fingolimod contre-indiqué chez les patients présentant des troubles cardiaques

Publié le jeudi 9 novembre 2017
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PARIS, 7 novembre 2017 (APMnews) - Le traitement de la sclérose en plaques (SEP) fingolimod (Gilenya*) est désormais contre-indiqué chez les patients présentant des troubles cardiaques dont la liste sera précisée dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) mis à jour prochainement, a annoncé Novartis dans une lettre aux professionnels de santé diffusée lundi par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Le fingolimod est à présent contre-indiqué chez :

  • les patients ayant présenté un infarctus du myocarde, un angor instable, un accident vasculaire cérébral (AVC), des accidents ischémiques transitoires (AIT), une insuffisance cardiaque décompensée (nécessitant une hospitalisation) ou une insuffisance cardiaque de classe NYHA III/IV dans les six derniers mois
  • les patients présentant des arythmies cardiaques sévères nécessitant un traitement par des médicaments anti-arythmiques de classe Ia (par exemple quinidine, procainamide, disopyramide) et de classe III (inhibiteurs des canaux potassiques, par exemple amiodarone, sotalol, ibutilide, dofétilide)
  • les patients présentant un bloc atrio-ventriculaire du second degré de type Mobitz II ou du troisième degré ou une maladie du sinus, en l'absence de port d’un pacemaker
  • les patients présentant un intervalle QTc initial d'au moins 500 millisecondes

Le risque de troubles graves du rythme cardiaque avec le fingolimod était déjà décrit lors de son autorisation de mise sur le marché (AMM) en 2011, et en particulier un risque d'arythmie ventriculaire polymorphe depuis avril 2012, rappelle l'ANSM.

L'Agence européenne du médicament (EMA) avait lancé, en janvier 2012, une réévaluation de la molécule après plusieurs décès non élucidés, étudiant une quinzaine de cas au total. Elle a recommandé en avril 2012 d'éviter le fingolimod chez les patients souffrant ou ayant souffert de troubles cardiaques.

En septembre 2016, le comité d'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l'EMA a demandé à Novartis de fournir une nouvelle revue détaillée des cas d'événements indésirables cardiaques. " L'analyse du dernier rapport périodique de sécurité (Psur) au PRAC [réunion de fin septembre, dont le compte-rendu détaillé n'était pas disponible mardi, ndlr] a mis en évidence que des cas d'arythmie ventriculaire polymorphe, dont des cas avec une issue fatale, continuent d'être rapportés malgré les mesures déjà mises en place ", ajoute l'ANSM.

Les contre-indications ont été introduites " afin de réduire le risque d'événements indésirables graves chez les patients présentant des maladies cardiaques ", poursuit Novartis dans sa lettre aux professionnels de santé.

D'autres mises en garde, précautions d'emploi et risques à surveiller

Les mises en garde et les précautions d’emploi concernant les effets immunosuppresseurs du fingolimod, pouvant entraîner des infections graves et des cancers, ont également été mises à jour, indique le groupe suisse sans donner de précisions.

En juin, le RCP du fingolimod avait été actualisé pour ajouter des mentions sur le risque tératogène chez l'animal. Le groupe de travail de l'ANSM " reproduction, grossesse et allaitement " a demandé, en juillet, que des questions soient posées à Novartis, sans attendre le prochain Psur, sur le risque potentiel de troubles foetaux ou néonatals après expositions in utero au cours du deuxième et troisième trimestre de grossesse, note-t-on.

Le comité technique de pharmacovigilance (CTPV) de l'ANSM avait également examiné en juin les données du suivi national de pharmacovigilance du fingolimod. Il avait estimé que les effets indésirables rapportés entre mars 2011 et fin février 2017 correspondaient à ce qui était déjà connu et n'avait identifié aucun nouveau signal majeur. La clôture du suivi national a été approuvée mais le fingolimod reste suivi et surveillé en Europe, avec la France comme pays rapporteur.

Cependant, de nouvelles informations avaient été identifiées dont certaines " sont en cours d'ajout dans le RCP telles que thrombopénie et mélanome ". Dans le RCP disponible mardi sur le site de l'EMA, la thrombopénie figure dans la liste des effets indésirables comme " peu fréquent " et le mélanome n'est pas signalé, note-t-on.

Le CTPV souhaitait transmettre des informations complémentaires au niveau européen, notamment " un risque éventuel de tuberculose, d’hypothyroïdie, de perturbation du cycle menstruel, de myalgie et d’arthralgie, de lymphome T cutané, d'infection à papillomavirus d'évolution maligne ". Il persiste des interrogations sur un lien entre fingolimod et atteintes neurologiques, notamment des poussées atypiques (pseudo-tumorales) et des convulsions, qui ont déjà fait l’objet d'une évaluation européenne et seront à nouveau évaluées. Le risque tératogène est toujours surveillé, lit-on dans ce compte-rendu.

 

Source : APM International

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