Stéatose hépatique non alcoolique: le sexe féminin ne protège pas des maladies cardiovasculaires

Mis à jour le jeudi 9 novembre 2017
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WASHINGTON, 23 octobre 2017 (APMnews) - A la différence de la population générale, chez les patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), le risque de maladies cardiovasculaires est identique chez les hommes et les femmes, révèle une étude américaine présentée à la presse samedi lors du Liver Meeting 2017 à Washington.

Par Virginie BAGOUET, au Liver Meeting 2017)

Dans la population générale, les femmes présentent un risque relatif d'évènements cardiovasculaires réduit de 20% par rapport aux hommes, après ajustement sur les autres facteurs de risque, a rappelé Alina Allen de la Mayo Clinic à Rochester. Le sexe est donc intégré dans le calcul du risque cardiovasculaire.

La stéatose hépatique non alcoolique, qui progresse avec l'obésité et touche un quart des américains, est fortement corrélée aux événements cardiovasculaires. Les patients meurent généralement de maladie cardiovasculaire, a pointé le Dr Allen.

Avec son équipe, elle a cherché à savoir si le sexe féminin était protecteur chez les patients atteints d'une NAFLD au sein d'une cohorte du Minnesota entre 1997 et 2014. Les chercheurs ont analysé les événements cardiovasculaires après le diagnostic de NAFLD et dans la population générale.

Ils ont réalisé leurs estimations à partir de 4.196 patients avec une NAFLD diagnostiquée et environ 15.700 contrôles. En médiane, ils disposaient d'un suivi médian de 7 ans. Ils ont dénombré 1.684 évènements cardiovasculaires.

Ils ont constaté qu'au moment du diagnostic de NAFLD, la fréquence des maladies cardiovasculaires était élevée chez les femmes. Elle était similaire à celle des hommes pour l'accident vasculaire cérébral, les maladies cardiaques ischémiques et l'insuffisance cardiaque et inférieure pour l'infarctus du myocarde et la fibrillation atriale.

Après le diagnostic, l'incidence des événements cardiovasculaires était similaire chez les hommes et les femmes alors qu'elle était réduite de 24% chez les femmes parmi les contrôles qui représentaient la population générale.

L'analyse indique que les événements cardiovasculaires surviennent plus tôt chez les patients atteints de NAFLD que dans la population générale. Le risque cardiovasculaire d'une femme de 50 ans atteinte de NAFLD était équivalent à celui d'un homme de 58 ans et d'une femme de 62 ans dans la population générale.

Selon le Dr Allen ces résultats devraient être pris en compte pour calculer le risque cardiovasculaire des femmes atteintes de NAFLD. Elle a indiqué que le mécanisme qui sous-tend cette absence de protection du sexe féminin n'était pas compris ce d'autant que l'effet protecteur du sexe féminin est considéré comme lié aux hormones.

Les investigateurs n'ont pas déterminé s'il existait une différence de risque cardiovasculaire entre les patients atteints de NAFLD et ceux présentant une stéatohépatite non-alcoolique (NASH).

Source : APM International

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