Risque d'infarctus 3 fois plus élevé sous insulinosécréteurs chez les diabétiques coronariens fumeurs

Publié le mardi 17 octobre 2017
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WASHINGTON, 13 octobre 2017 (APMnews) - Les patients diabétiques présentant une maladie coronaire stable et fumeurs voient leur risque d'infarctus triplé lorsqu'ils sont sous médicaments insulinosécréteurs par rapport aux traitements insulinosensibilisants, selon une analyse tirée de l'étude BARI-2D, publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Dans BARI-2D, 2.368 patients ayant un diabète de type 2 et une maladie coronaire stable ont été randomisés entre une revascularisation et un traitement médical intensif seul, et également entre une stratégie de traitement anti-diabétique insulinosensibilisante (metformine, thiazolidinediones) et une stratégie insulinosécrétrice (sulfonylurées).

La stratégie insulinosécrétrice a été associée à des signes biochimiques d'altération de la fibrinolyse par rapport à la stratégie insulinosensibilisante, sans que cela se traduise par davantage d'évènements cliniques indésirables, rappellent Asrar Khan et ses collègues de la Washington University School of Medicine à Saint-Louis (Missouri). Mais il peut être supposé que la combinaison des effets prothrombotiques du traitement insulinosécréteur et de l'état d'hypercoagulabilité induit par le tabagisme actif puisse augmenter le risque d'infarctus.

Pour vérifier cela, les chercheurs ont comparé le risque d'infarctus parmi les 295 patients fumeurs actifs de l'étude BARI-2D selon qu'ils recevaient des médicaments insulinosécréteurs ou insulinosensibilisants.

Sur 5,3 ans de suivi, 15,4% des patients fumeurs sous insulinosécréteurs ont eu infarctus, contre 6,8% des patients fumeurs sous insulinosensibilisants, une différence statistiquement significative.

Le traitement insulinosécréteur était associé à un risque 3,2 fois plus élevé d'infarctus par rapport au traitement insulinosensibilisant.

Les chercheurs ont également examiné l'activité de l'inhibiteur 1 de l'activateur du plasminogène (PAI-1). Celle-ci était significativement augmentée sous insulinosécréteur à 1 an, 3 ans et 5 ans de suivi, par rapport aux insulinosensibilisants. L'activité PAI-1 était aussi augmentée chez les non-fumeurs sous insulinosécréteurs, mais à un moindre degré que chez les fumeurs, et cela n'était pas associé à une augmentation du risque d'infarctus par rapport aux insulinosensibilisants.

Le sur-risque d'infarctus chez les fumeurs traités par insulinosécréteurs peut donc s'expliquer par une activité PAI-1 plus élevée chez ces patients.
"S'ils se vérifient dans des études ultérieures, nos résultats suggèrent que les diabétiques fumeurs avec une maladie coronaire stable devraient préférentiellement être traités par insulinosensibilisants plutôt que par insulinosécréteurs", concluent les auteurs.
(JAHA, publication en ligne du 13 septembre)

Source : APM International

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