Fibrillation atriale avec insuffisance cardiaque: l'ablation par cathéter diminue la mortalité

Publié le lundi 28 août 2017

(Par François BOISSIER, au congrès de l'ESC)

BARCELONE, 28 août 2017 (APMnews) - Chez des patients présentant à la fois une fibrillation atriale (FA) et une insuffisance cardiaque, une ablation par cathéter de la FA a permis de diminuer la mortalité, ainsi que le risque d'aggravation de l'insuffisance cardiaque, a montré pour la première fois l'étude CASTLE-AF présentée dimanche au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Barcelone.

L'intérêt de l'ablation de la FA pour améliorer la mortalité et l'insuffisance cardiaque avait déjà été suggérée, mais sur la base d'études dont ce n'était pas le critère d'évaluation principal. L'étude présentée dimanche par Nassir Marrouche de l'université de Salt Lake City est la première spécialement conçue pour évaluer ce critère.

La FA et l'insuffisance cardiaque sont très intriquées, l'une aggravant l'autre et l'idée a émergé qu'en supprimant l'arythmie on pourrait avoir un effet bénéfique sur l'insuffisance cardiaque.

C'est ce qu'a évalué CASTLE-AF (financée par Biotronik). Elle a été conduite chez 363 patients présentant une FA symptomatique persistante avec un échec ou une intolérance à au moins un anti-arythmique, avec une fraction d'éjection inférieure ou égale à 35%, une insuffisance cardiaque de classe NYHA supérieure ou égale à II, porteurs d'un défibrillateur seul ou avec stimulation. La moitié ont bénéficié d'une ablation par isolement des veines pulmonaires.

L'ablation, qui a permis d'augmenter de 8% le fraction d'éjection et de diviser par 2 le fardeau de la FA, a surtout été associé à une diminution de 38% du critère incluant la mortalité et les hospitalisations pour aggravation de l'insuffisance cardiaque après 5 ans de suivi.

Pris séparément, la mortalité toutes causes était diminuée de 47%, les admissions pour insuffisance cardiaque de 44%, la mortalité cardiovasculaire de 51% et toutes les hospitalisations de cause cardiovasculaire de 28%, a précisé le chercheur.

Le bénéfice a été observé dans tous les sous-groupes de patients, à l'exception de ceux qui avaient une fraction d'éjection ventriculaire gauche très basse.

Selon Carina Blomstrom-Lundqvist de l'université d'Uppsala en Suède qui était invitée à commenter cette étude, celle-ci présente une petite limite: d'avoir inclus des patients un peu plus jeunes que la moyenne de ceux souffrant de ces pathologies, ayant une insuffisance cardiaque moins symptomatique et rarement une FA depuis très longtemps.

Mais hormis ces considérations qui peuvent restreindre l'applicabilité des résultats, elle a estimé que "le message à retenir est qu'il faut proposer une ablation par cathéter à un stade plus précoce" qu'actuellement.

Source : APM International

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