Diabète: la metformine pourrait moduler l’effet cardiovasculaire des inhibiteurs de la DPP-4

Publié le mardi 31 octobre 2017
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WASHINGTON, 27 octobre 2017 (APMnews) - Le pronostic cardiovasculaire est amélioré sous inhibiteurs de la DPP-4 chez les patients traités par metformine mais serait moins bon lorsqu’ils sont administrés en monothérapie, montre une étude parue dans Diabetes Care.

Les inhibiteurs de la DPP-4 ont jusqu’ici été considérés comme globalement neutres au plan cardiovasculaire, avec néanmoins des différences suivant les molécules considérées, notamment au regard du risque d’insuffisance cardiaque.

Cet atout leur vaut d’être aujourd’hui "promus" par la Société francophone du diabète (SFD) comme premier traitement de deuxième ligne après la metformine ou comme première alternative à la metformine en monothérapie.

Matthew Crowley du Durham VA Medical Center (Caroline du Nord) et ses collègues ont réalisé la méta-analyse des trois grands essais cliniques TECOS, EXAMINE et SAVOR-TIMI 53 qui exploraient respectivement les effets cardiovasculaires de la sitagliptine (Januvia*, MSD), l’alogliptine (Vipidia*, Takeda) et la saxagliptine (Onglyza*, AstraZeneca).

Alors que les patients traités par metformine ont moins souvent présenté des événements cardiovasculaires après ajout d’un inhibiteur de la DPP-4 (-8%), les patients non traités par metformine ont montré plutôt une hausse du risque d’événements (+10%).

La différence d’effet des inhibiteurs de la DPP-4 entre les patients prenant ou non de la metformine de manière concomitante était statistiquement significative. De plus, il est à noter que chaque étude analysée séparément indiquait déjà une tendance vers un moins bon pronostic cardiovasculaire en l’absence de metformine.

Ainsi, les effets cardiovasculaires des inhibiteurs de la DPP-4 restent incertains dans la mesure où ils semblent dépendre d’un effet modulateur de la metformine. A moins qu’il ne s’agisse d’un biais d’indication, non pris en compte dans cette méta-analyse, puisque la metformine est contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale ou cardiaque, soulignent les auteurs.

Ceux-ci suggèrent ainsi de continuer à évaluer les effets modulateurs de la metformine sur le risque cardiovasculaire des différents inhibiteurs de la DPP-4 comme des autres nouveaux antidiabétiques (analogues du GLP-1 ou inhibiteurs du SGLT-2).
(Diabetes Care, édition en ligne du octobre)

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament

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