Chirurgie : bénéfice d'une stratégie individualisée de prévention de l'hypotension peropératoire

Publié le jeudi 28 septembre 2017

PARIS, 25 septembre 2017 (APMnews) - Une stratégie individualisée de prévention de l'hypotension peropératoire réduit le risque de défaillance d'organe en postopératoire, montre une étude française présentée samedi au congrès de la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) à Paris.

(Par Carole DEBRAY, au congrès de la Sfar)

Les complications postopératoires grèvent le pronostic des patients chirurgicaux. Les dysfonctions d'organes sont souvent mises en avant comme ayant des conséquences préjudiciables, et plusieurs dysfonctions d'organes pourraient avoir un effet synergique sur la mortalité, a rappelé Emmanuel Futier du CHU de Clermont-Ferrand.

L'hypoperfusion est un élément déclencheur de la dysfonction d'organe, ce qui augmente le risque de décès chez les patients à haut risque. Aujourd’hui il est recommandé d'individualiser les apports de fluides pour corriger l'hypoperfusion, plusieurs études ayant montré que cela améliorait le pronostic.

Mais dans toutes ces études, la pression artérielle a été assez peu considérée, alors que l'hypotension en chirurgie est extrêmement fréquente et associée à un risque majoré d'insuffisance rénale, d'AVC ou de dommages myocardiques, voire de mortalité, a souligné le chercheur. Or il n'existe pas actuellement de définition ni de recommandation de seuil pour le traitement de l'hypotension.

Dans l'essai INPRESS, financé par le CHU de Clermont-Ferrand et le laboratoire Aguettant, une stratégie d'individualisation de la cible de pression artérielle peropératoire a été comparée à une prise en charge standard, chez des patients à risque accru de complications postopératoires, en particulier à risque modéré à élevé de néphropathie postopératoire.

Au total 298 patients ont été randomisés entre la stratégie individualisée, consistant à administrer de la noradrénaline dans l'objectif de maintenir une pression artérielle systolique peropératoire n'excédant pas 10% en plus ou en moins la valeur de base pour chaque patient, et la stratégie standard consistant à traiter lorsque l'hypotension est constatée, définie par une pression systolique inférieure à 80 mmHg ou inférieure à 40% de la valeur de référence.

Le critère principal d'évaluation était la survenue d'un syndrome de réponse inflammatoire systémique ou d'une dysfonction d'organe majeur (système rénal, respiratoire, cardiovasculaire, neurologique et de coagulation), dans les 7 jours suivant l'intervention.

Le risque de survenue de ces évènements a été significativement réduit de 27% dans le groupe recevant la stratégie individualisée par rapport à la stratégie standard.

Le risque de dysfonction d'organe à 30 jours a été significativement réduit également de 34% avec la stratégie individualisée.

Il n'y avait pas de différence statistiquement significative en termes de survenue d'effets indésirables.

Aucune différence en termes de mortalité n'a été constatée, mais ce n'était pas le but de cet essai, a souligné le Pr Futier. "Je pense qu'on va tendre vers cela, dans les prochaines études on va essayer de trouver des choses qui vont nous permettre d'individualiser un peu mieux la prise en charge de nos patients, plutôt que de proposer les mêmes cibles, les mêmes traitements chez tout le monde", a-t-il commenté.

Les résultats de cette étude seront également présentés mercredi au congrès de l'European Society of Intensive Care Medicine (ESICM) à Vienne, et publiés parallèlement dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), a-t-il indiqué.

Source : APM International

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