Angioplastie en cas de fibrillation atriale: une bithérapie avec dabigatran et sans aspirine plus sûre

Publié le lundi 28 août 2017

(Par François BOISSIER, au congrès de l'ESC)

BARCELONE, 28 août 2017 (APMnews) - Une bithérapie incluant l'anticoagulant direct (AOD) dabigatran (Pradaxa*, Boehringer Ingelheim) s'est montrée aussi efficace et plus sûre qu'une trithérapie antithrombotique chez des patients présentant une fibrillation atriale (FA) devant subir une intervention coronaire percutanée, dans l'étude RE-DUAL PCI présentée dimanche au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Barcelone.

Les patients souffrant de FA, traités par anticoagulant oral, qui sont aussi coronariens et nécessitent une intervention percutanée, et doivent alors avoir une bithérapie anti-agrégante, reçoivent donc souvent une trithérapie. Mais celle-ci augmente le risque de saignement, a rappelé Christopher Cannon du Brigham & Women's Hospital à Boston.

Les auteurs de l'étude internationale RE-DUAL PCI ont voulu voir s'il était possible de se passer de l'aspirine, et donc de se contenter d'une bithérapie. Et dans cette étude, ils ont choisi d'inclure un AOD dans la bithérapie.

Chez 2.775 patients, ils ont comparé une association du dabigatran (les 2 doses autorisées ont été testées) et d'un anti-agrégant plaquettaire inhibiteur de P2Y12 (clopidogrel ou ticagrelor [Brilique*, AstraZeneca]), et une trithérapie dans laquelle l'anticoagulant oral était la warfarine, avec un inhibiteur de P2Y12 et avec l'aspirine.

L'aspirine n'était toutefois donnée que durant un mois (en cas de stent nu) ou 3 mois (en cas de stent actif). La comparaison initiale entre une bi et une trithérapie se transformait donc rapidement en une comparaison de 2 bithérapies dont la composante anticoagulant était différente, note-t-on.

Le critère primaire de l'étude était la sécurité: les auteurs ont comptabilisé les saignements majeurs et les saignements mineurs cliniquement pertinents.

Après 14 mois de suivi moyen, le risque de premier saignement a été diminué de 48% avec la bithérapie incluant le dabigatran à 110 mg (15,4% contre 26,9% d'événements), et de 28% avec le dabigatran à 150 mg (20,2% contre 25,7%).

En particulier, le risque d'hémorragie intracrânienne était diminué, a souligné Christopher Cannon.

Concernant l'efficacité antithrombotique, le risque d'événement thrombo-embolique (infarctus, AVC, embolie systémique) était similaire avec la bi et la trithérapie: 13,7% et 13,4%. Ainsi, l'élimination de l'aspirine n'altère pas l'efficacité.

Le chercheur a tout de même noté des élévations, mais qui restaient non statistiquement significatives, des risques d'infarctus et de thrombose de stent avec la bithérapie quand la faible dose de dabigatran était employée.

Interrogé à l'issue de sa présentation sur les impacts respectifs de la suppression de l'aspirine et du remplacement de la warfarine par le dabigatran, sur la réduction du hémorragique, le chercheur américain a estimé qu'il devait y avoir un peu des 2... mais que c'est probablement surtout lié à la suppression de l'aspirine.

Source : APM International

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